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CHILI

Surprenant pays s'étirant sur 4000 km du nord au sud et s'étalant petitement sur 200 km en moyenne, coincé entre l'Océan Pacifique et les Andes ! La morphologie de ce pays offre donc une diversité incroyable de climats et de paysages : du sud au nord, glaciers, fjords, vastes steppes, volcans enneigés, forêts, lacs et déserts tout au nord : un réel régal pour les yeux.

Comme nous venons de quitter la Terre de Feu argentine, ce sera donc par le sud que nous découvrirons les charmes de ce pays. Pour rejoindre PUNTA ARENAS, notre SKARGO reprend le ferry à la nuit tombée, et nous offre un merveilleux coucher du soleil sur le détroit de Magellan.

Coïncidence et événement rare en Amérique du Sud : nous abordons le CHILI le jour de la nomination de (son) SA nouvelle présidente : Michèle BACHELET, médecin-pédiatre-divorcée, mère de 3 enfants de deux pères. Whaouou ! Oui, être élue démocratiquement dans un pays assez... macho (oui, disons le) est une performance. Et détenir le statut de femme divorcée dans un pays qui ne le reconnaît que depuis peu, est une mini-révolution. Il fallait le noter : rares sont les démocraties dirigées par les femmes ! Na !

Difficile la transition pour vous mener jusqu'à la réserve SENO OTWAY à PUNTA ARENAS regroupant une colonie de pingouins composés de 10 000 couples de pingouins de Magellan, lesquels nous ont vraiment séduits avec leur tête penchée sur le côté. La colonie arrive dès septembre pour la naissance des petits, courant octobre. En mars, retour avec papa et maman vers les MALOUINES (ou Falklands... au choix, mais là , c'est un autre chapitre que je referme illico-presto). On nous dit que les couples de pingouins ici sont toujours les mêmes : le pingouin est fidèle et revient toujours sur son lieu de naissance. Ceci dit, la pingüinera vaut le détour !

     
La pingüinera et ses habitants, très sociables

... ce qui n'est pas forcement le cas de la grotte ou CUEVA DU MILODON, à PUERTO NATALES qui est le point de départ des passionnés de trekking : ambiance très sportive et sac à dos ! Nous disions donc : MILODON ? Le Capitaine EBERHARD découvrit dans cette grotte de 30 m de haut sur 200 m de profondeur, des restes (un morceau de peau seulement) d'un animal préhistorique nommé MILODON... la-dite bête aurait vécu il y a 10 000 ans environ, d'après les études réalisées sur ce bout de peau : les incertitudes planent donc à l'horizon...

La piste menant à la Cueva du Milodon

Moins incertain est le passage obligé vers le PARC NATIONAL DE TORRES DEL PAINE

: il forme un ensemble impressionnant de montagnes, étrangement jailli de la pampa et dominé par les célèbres cornes et les élégantes tours (torres) de granit qui s'érigent vers le ciel (2 900 m)... formées il y a 12 millions d'années.

Couronné de glaciers, le massif est entouré de lacs de différentes couleurs, passant du bleu marine au vert émeraude, du bleu turquoise saphir au lapis lazuli. Son microclimat favorise une faune et une flore sylvestres des plus riches.

Lac Sarmieto
Les eaux du Tor

 
Le glacier GREY

En 1959, le Parc est classé RÉSERVE DE LA BIOSPHÈRE par l'UNESCO. Quelques chiffres : superficie de 242 000 ha, plus de 80 000 visiteurs, qui en fait l'un des parc le plus visité au monde de par son réseau de sentiers permettant de le visiter entièrement... à pied, évidemment : ici, on est au centre du temple de la randonnée (ou trekking) : ambiance décontractée et frime au placard , bien que le PARC NATIONAL DE TORRES DEL PAINE offre la possibilité d'hôtel 5 étoiles tout comme diverses possibilités agréables de camping ; d'ailleurs depuis un mois que nous pratiquons le camping sauvage avec notre SKARGO, nous sommes contraints de nous ''offrir'' une nuit dans le camping PEHOE.. le sauvage étant interdit ...

Après toutes ces merveilles qui nous ont éblouies pour longtemps, d'autres nous attendent de l'autre côté des Andes : rendez-vous dans quelques kilomètres, après le passage de la frontière à CERRO CASTILLO... vers l'ARGENTINE... Patience, on revient vite !



Chut... le soleil se couche

CHILE-CHICO ou passage de la frontière et bivouac au Mirador du lac CARRERA, le second en taille d'Amérique du Sud, la palme revenant au ''p'tit caca''.. Oh pardon au TITI CACA. Des bleus, des émeraudes, des turquoises et des verts de toutes nuances jalonneront notre route qui sera la plus éprouvante pour notre Skargo, la plus fatigante pour l'équipage, mais... mais, la plus BELLE (ou l'une des 2 plus belles), durant ces 18 000 kms : tout se paie dans la vie !

Des bleus, des émeraudes, des turquoises et des verts


Angoisse et impatience de découvrir ce mythe : cette fabuleuse route sauvage cernée par les Andes ...
ou cette horrible piste dominée par des cols débute par un circuit qui fait le tour du lac CARRERA : la piste 265. (Souvenez-vous en.. et parcourez-là.. à pied, à cheval, à vélo, en bus, peu importe le moyen, mais faites !). La 265 au Chili : des virages à la queue leu leu en veux-tu en voilà, des montées en 1ère, des descentes au frein moteur, des chutes de pierres sur des dizaines de kilomètres, mais que de paysages grandioses entres lacs émeraudes et montagnes recouvertes d'un épais voile neigeux : oh, que Dame Nature est splendide.

On descend.. encore ...et encore la 265

Ruisseaux, torrents et cascades seront notre quotidien sur une distance de 999,99 kms (environ) de très mauvaise piste. On y croise même un couple français d'un âge certain, originaire de Montpellier, qui ne voyage pas à pied, ni à cheval, encore moins en 4X4, mais en tandem-vélo. On en profite d'ailleurs pour leur lever très haut notre chapeau, à tous ces aventuriers à bicyclette que nous croiseront sur les pistes et les routes : ''Bravo à vous.. et chapeau bas ! ''

Le lac Carrera

Si on vous dit ''CARRETERA AUSTRAL'', à quoi pensez-vous ? Difficile d'y répondre sans l'avoir parcourue. La construction de cette route est un chef d'œuvre du génie et du travail de l'homme : réaliser un tracé à travers une végétation exubérante et des bois impénétrables, conquérir les falaises rivières, lacs et fjords, construire un nombre faramineux de ponts : magnifique défi qui rejoint la PANAMÉRICAINE jusqu'en Alaska. 1000 km de piste très difficile, mais... que de magnifiques paysages. Et croix de bois, croix de fer, si on ment on va en enfer : nous n'avons pas crevé une seule fois.

Après l'effort, le réconfort et la découverte d'un restaurant dans un cadre
''tip-top''

A la volée, nos points de passage ou de bivouac entre CHILE-CHICO et CHAITEN : EL MAITEN où nous dormons au bord d'une rivière ; COYHAIQUE, petite ville tranquille pour les passionnés de pêche à la mouche ; le PARC NATIONAL DE QUEULAT composé d'une végétation exubérante et démesurée et traversé par des kilomètres de torrents et rivières : la forêt vierge presque tropicale nous impressionne.

Une elfe parmi des digitales

Coup de cœur pour le petit village de PUYUHUAPI situé près d'un fjord et non loin des thermes qui portent le même nom. On laisse FUTALEUFU sur notre droite. La renommée de cet endroit est la pratique du rafting et kayak. Au bord du Lago YELCHO, arrêt pour déjeuner dans un cadre de charme. Et enfin, arrivée à CHAITEN, la fin, pour nous, de la CARRETERA AUSTRAL.


Bivouac à la CALETA BARBARA ou quasiment à l'entrée du parc PUMALIN, une grande réserve naturelle privée ouverte au public, qu'un (mâle-heureux) milliardaire a acheté pour préserver cette zone. Petite précision géographique : nous sommes au bord de l'océan Pacifique où les dauphins viennent nous rendre visite, le matin et toujours aux mêmes heures, et où la pêche aux crabes de notre amie chilienne régalera nos papilles.


Technique chilienne pour la pêche aux crabes : faire l'autruche :-).. ou le nandu

Pose de 2 jours à CHAITEN car les horaires des ferries nous y obligent : notre prochaine escale sera l'île de CHILOE. Alors, on se repose de nos 1000 kms de piste, on patiente, on fait un gros tri de nos photos, un peu de lessive car on est entre rivière (eau douce) et Pacifique (grrr.. eau froide), on ''farniente'' et on prend même le soleil : oui les températures remontent au rythme des parallèles que nous gagnons. Des 54èmes de la Terre de Feu, nous sommes dans les 42 èmes. Et puis, on travaille.. ben oui, mais juste un peu. Alain pour ses petites ancres chéries et moi, pour vous... ou pour le site Web. En fait, je tente d'écrire au fur et à mesure de notre périple.... et hop, nous voilà repartis !

CHILOE : région où le Chili semble se dissoudre, s’égrener, en une poignée de terres, cailloux battus engloutis par l’océan, cimetière de marins dont les cris du pétrel (bulveria bulverii) sonnent le glas, une île au tempérament océanique... une terre de métissage et de légendes, un monde où le ciel déverse en permanence ses sanglots comme l'écrit si bien Francis COLOANE, écrivain chilote : ''Les rafales mugissantes tombées d'un ciel noir, intarissables sanglots célestes transperçant le cœur des vivants ''


Qui oserait encore affirmer que n'avons pas aussi traversé le Pacifique afin d'atteindre notre prochain way point : l'île de CHILOE ? Notre Skargo embarqué à bord du ferry atteindra l'île après 7 heures de traversée tout en sillonnant et longeant les nombreux îlots derrière lesquels on devine le fjord où se niche la capitale :

 
Skargo sur le ferry et l'occasion de voir les panneaux- :-)
 
Arrivée au port de CASTRO

CASTRO et sa superbe cathédrale SAN FRANCISCO ; l'intérieur , tout et uniquement en bois, offre un travail magnifique, que son architecte italien nous laisse admirer. Ici, on ne sait pas que le béton, la brique ou le ciment existent : sur l'île on ne construit qu'avec le bois.. Alors, que de chef-d'œuvres à admirer !





 
 
       
 
 


Le clou de l'architecture chilote : ces 250 églises en bois, essaimées dans tout l'archipel, lointain héritage du passage des jésuites lors des conquêtes espagnoles dont on vous propose une petite sélection.

 
Achao
 

Dalcahue

 
     
 
     
 
   
Nercon
 
Caulin
   

Une autre spécialité de l'île : le CURANTO à classer dans le thème culinaire ! Etrange mélange de moules, palourdes, poulet, saucisses, lard et pommes de terre dont le mariage de saveurs n'a guère satisfait notre palais. Pour la petite histoire, sachez que la pomme de terre qui compose ce CURANTO est originaire de CHILOE dont les terres sont de riches productrices de fruits, légumes et céréales.

La Mer produit aussi. Trop ! Beaucoup trop pour notre oeil. Pas une crique, pas une baie n'est épargnée par la présence de fermes marines où les Chilotes élèvent en masse moules, palourdes et saumon. Leur élevage nécessite des installations très vilaines sur l'eau et au milieu de paysages de rêves !

Heureusement, la nature est épargnée : on trouve un peu de Normandie, un peu de Bretagne et un peu de Suisse dans ces paysages chilotes. Toutes mignonnes sont aussi les maisons recouvertes de bois d'alerce rappelant les écailles de poissons. Et les maisons construites sur pilotis nous offre un festival de couleur.

Sautez la barrière, entrez par la porte et non par la fenêtre car elle est trop petite, et soyez les bienvenus dans nos maison de bois.. sur pilotis ou pas !
Quoi ? Normal... on est dans l'hémisphère sud :-)


On poursuit notre découverte vers DALCAHUE en empruntant un ferry (5 mn de navigation.. un saut de puce : bizarre pour un Skargo :-) afin d'arriver sur l'îlot de QUINCHAO. Vous constatez, comme nous, que le temps n'a pas perturbé le rythme de ces villages et leurs habitants : ici, les couples de bœufs sont encore utilisés comme bête de charge.

   
Oh lala, j'ai la tête qui tourne... mais c'est moi qui suis perturbée !

Dring-dring : l'heure a sonné de rejoindre le continent et de me ramener, ,juste un peu, à la raison et l'air du grand large y remédie. Nouvelle traversée de CHACAO tout au nord vers PUERTO MONTT qui fût fondé par un allemand dont le nom a pourtant des consonances hispaniques (Vicente Perer Rosalez). Une escale indispensable à faire à ANGELMO dans le chaleureux port de pêche : un régal pour les yeux et le ventre et enfin l'opportunité de s'acheter à profusion des crabes, palourdes et huîtres et de s'offrir un vrai plateau de fruits de mer tant désiré, attendu et rêvé par mon Doux Capitaine.

Le port d'Angelmo sous la pluie.
Fleurs
Vendeuse de ''je ne sais pas quoi''

Des paniers de ''crabes'' !
     
     
 
Et tous ces produits variés mais non avariés.. mais à varier selon les plaisirs variés de chacun !
 


A quelques pas de là, une grande ''feria'' ou marché artisanal propose une quantité d'objets en bois, pulls, capes, bonnets en laine d'alpaga à des petits prix. Mais à PUERTO MONTT, il y a beaucoup de touristes et il pleut sur la ville, grouillante et encaissée.

Nous fuyions vers VALDIVIA et quittons cette si belle région de la Patagonie australe pour traverser celle des lacs, des thermes, des forêts et des volcans enneigés, si étrangement ressemblante à la BAVIERE alémanique ; un mimétisme du paysage dû à la forte migration allemande du 19ème siècle ? Sûrement ! Chez Kunstmann, fabricant de bière depuis cinq générations, on se déguste un jarret de porc avec ses succulentes ''spâtzles'', le tout digne d'une taverne d'Hambourg.. (entre Valdivia et NIEBLA, impossible de louper l'endroit).

Gesundheit ! Oui, oui, on va vite se mettre au régime :-)


Finies les pistes en ''ripio'' : notre Skargo dont les amortisseurs et suspensions ont été mis à rude épreuve se repose sur la PANAMERICAINE (Ruta 5), autoroute payante qui nous mènera jusqu'au nord du pays, soit au plus court, une distance de 2 200 kms.

Petit stop très ''brumisateur'' à la cascade SALTO DEL LAJA près de TEMUCO.

Puis c'est avec bonheur que nous découvrons à TOME près de CONCEPTION et après avoir parcouru une route en lacets très escarpée, une plage de sable blanc. Oui, les précédentes étaient recouvertes de sable noir. Nous sommes dans une région volcanique très intense. D'ailleurs, l'année 1960 fut aussi noire que la couleur du sable et les pauvres chiliens auront tout subi : tsunami à PUERTO SAAVEDRA, éruption du volcan VILLARRICA (2 847 m) et tremblement de terre évalué à 10 sur l'échelle de Richter.

Même dans la langue de Cervantès, le panneau est bien significatif !

On comprend alors pourquoi les chiliens préfèrent les maisons de bois, plus souples et plus résistantes à ces déferlements de la nature. Ou alors, est-ce du au fait que le région est une très grande productrice de bois : pin, eucalyptus sur 35 millions d'hectares.

Après l'escale de TOME, très ''ciel bleu et plage'' où la température devient estivale (enfin), on troque le pantalon pour le short, voir même le maillot de bain, et on s'offre une matinée sur la plage. Ben, oui, on ne l'a pas volée..

Petite pause pour votre dévouée ''écrivaine-webgirl'' avant d'affronter les 6 millions d'habitants de la capitale chilienne : SANTIAGO. Le récit n'est pas terminé. Patience pour la prochaine mise en ligne !

C'est le pied :

je suis en vacances !

Enfin :-)


.../...

Nous revoilà, après de longs mois ! Pour reprendre ce voyage, il nous faut un remontant solide et doux. Quoi de plus agréable que la visite de l'une des plus prestigieuses bodega (cave) chilienne bercée de consonances françaises ?

Des fûts estampillés "France"
  plus onéreux que ceux, ''made in USA'', mais le résultat est tellement meilleur !
 

Le Chili est un des plus beaux ambassadeurs du vin au monde. Si son vignoble de 184 000 hectares paraît minuscule face au 1,2 millions d'hectares espagnols et 909 000 hectares français, la qualité constante de ses vins ont fait de la côte ouest sud-américaine, le 5e pays exportateur de vins au monde avec des exportations atteignant la moitié de sa production totale de 5,6 millions d'hectolitres.

Vert et bois ou Bois et vert... ou/et...

Les terres chiliennes possèdent des atouts majeurs. Le climat est varié, influencé par la proximité de l'océan Pacifique et de la Cordillère des Andes. Les sols y sont fertiles, l'eau abondante, les journées ensoleillées, presque sèches, les nuits fraîches. Protégé par la Cordillère des Andes, l'océan Pacifique et le désert d'Atacama qui forment des barrières naturelles contre les parasites, le Chili est aussi le seul pays au monde à posséder des vignes pré-phylloxéra. Les méthodes modernes de vinification apparurent dans les années 1850 lorsque de riches propriétaires de Santiago firent venir de grands oenologues français. Aujourd'hui, on cultive de magnifiques Cabernets Sauvignon et Merlot et l'on produit l'un des meilleurs Chardonnay du nouveau monde dans la région de Casablanca, sans omettre le fabuleux Carmenère, notre préféré. Une terre promise et sublimée par oeuvre de grands domaines tels ceux de l'excellent Almaviva créé par les Barons de Rothschild et Concha y Toro, un des plus importants domaines de la Vallée Central : visite guidée ! Laissez-vous tenter par cette légende du Chili aux parfums intenses de mûre, de cerise noire, de prune, de moka, de chocolat… Et toujours, cette touche de vanille diablement gourmande…

ou/et...
Verres, tout simplement
... et cerise noire, sur le gâteau -:), pas encore mûre !

Dégustation entre 10 h et 11 h, chez Conchay Y Toro = réveil efficace

En 1883, Don Melchor de Concha y Toro et sa femme, Doña Emiliana Subercaseaux, importèrent de Bordeaux, les meilleurs cépages qu'ils plantèrent dans la vallée de Maipo, là où se trouve aujourd'hui encore leur maison, la Casona de Pirque.

La Casona et Melchior

L'entreprise se développa rapidement, et en 1923 fut cotée à la bourse de Santiago. Les premières exportations datent de 1933. Depuis, l'entreprise ne cesse sa croissance et possède des marques de renommée internationale (Don Melchor, Concha y Toro...) : jetez un oeil dans vos rayons européens.

C'est dans l'une de ces magnifiques demeures de la capitale chilienne que ces excellents crus prirent leurs lettres de noblesse. Pour commencer ce beau festival architectural, la ''Bolsa du Comercio'', la place de Armas, puis le Sénat, le Théâtre.. , la magnifique Poste et son intéressant musée... etc..

 
La maison de la bourse ou Bolsa de Comercio
 
Un office du tourisme, parmi d'autres ou la Casa Colorada
Son cavalier (zut, on a zappé l'illustre nom... grrr), peut-être Pedro de Valdivia, le fondateur de Santiago
Le ''KM 0'' au centre de la Place de Armas, ou le Km ZÉRO des routes du Chili. Cherchez bien car elle n'est pas évidente à trouver. Et pourtant, pour un pays de plus de 4500km de long, c'est important ! Non ?!
Edificio comercial Edwards dont certains matériaux proviennent de la France, avec son style à la G. Eiffel

Le théâtre, maintes fois détruit par maintes tsunamis et tremblements de terre.. et maintes fois reconstruit.


Le Sénat

Le postier ''en cire" vous accueille pour une visite du Musée de la Poste et Télégraphie  
 
Oui, levez les yeux !
Pronto, Alo..

La maison de la Moneda

Jolie bâtisse militaire et musée

Et le festival d'architecture ne s'arrête point. SANTIAGO offre de belles grandes avenues où l'automobiliste est banni et le piéton roi. Alors on s'avale des marches interminables dans les rues chiliennes où nous avons tout loisir d'admirer de beaux détails de pierre et fer forgé dans le quartier Paris-Londres.

 
Quelques somptueuses demeures
 
 
 
Avoir pignons sur.. Balcons
 
Trois façons de garder l'oeil sur la rue, très discrètement..
   
 
Hum, j'adore cette image !
 
 
et aussi celle-ci
 
et encore celle-ci
 
Et se mélangent l'ancien et le moderne représentés par ces deux passages entre deux hauts bâtiments

D'ailleurs, vous n'y voyez que du feu, dans un sens comme dans l'autre, vous n'aviez pas deviné..

Quand on aime le Bleu, dans n'importe quel sens, cela reste Beau !

Ce n'est pas le tout, chères lectrices et lecteurs : il est temps de se sustenter, et de se poser. Deux façons.. ou trois :

Se faire reluire le cuir par l'un de ses nombreux cireurs officiels.. Gloutonner un truc infâme style hamburger latino-chilien.. près de la place de Armas ou alors, ce qui a de mieux, c'est de m'....

... m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder le soleil qui s'en va
Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fou
Te dire que les méchants c'est pas nous
Que si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux
Car ils ont l'avantage d'être deux
Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants...

(merci à Renaud pour son ''Mistral Gagnant'')


.. ou alors se rafraîchir les idées au bord de l'eau près des jolies fontaines du Musée Culturel pendant que d'autres font les ''cloches'' !

Alors ? Vous qui pensez à tord que nous, Voyageurs, nous devons fuir les capitales, car elles représentent l'inverse de ce que nous recherchons en général dans nos pérégrinations de nomades, allez vous fuir SANTIAGO ? On ne vous y invite pas car SANTIAGO DU CHILI vaut le détour et ses habitants sont charmants et accueillants. Dans le quartier résidentiel de la Plaça de la Providencia où nous avions élu domicile pour nos nuits, nos voisins, (un peu curieux), nous ont apporté du pain, de l'eau, de la confiture pour notre petit-déjeuner et insistaient pour que nous garions notre Skargo dans leur jardin.

Re-alors ? Qui ose encore affirmer que les Chiliens ne constituent pas un peuple accueillant ?? Que neni et foutaises !

Ceci dit, il nous faut reprendre la route vers le grand nord chilien afin d'atteindre notre escale chilienne et finale : le désert d'ATACAMA (23 h en bus). Pour se faire, nous allons ''user de la gomme'' et ne plus enfin, rêver sur ce nom magique et poétique : VALPARAISO ou la Vallée du Paradis et ces 42 collines (ou 44, ne nous battons pas) formant un amphithéâtre naturel donnant sur l'océan Pacifique ; VALPARAISO était un de ces ports idylliques qui enflammaient l’imagination, avec son cortège de cap-horniers, de bars louches, son quartier chinois, son cimetière cosmopolite.

La place Sotomayor et le bâtiment de l'Armada chilienne, au 19ème et 21ème siècle
Ascenseur Mariposa
Vue sur la baie et son port ou Muelle Pratt
Ascenseur Villaseca

Première escale après le passage du Cap Horn, et port placé à quelques encablures de Santiago du Chili, la ville connut une période de splendeur, au passé flamboyant durant le XIXe siècle, mais sa prospérité s’effondra du jour au lendemain quand s’ouvrit le Canal de Panama et que les navires ne devaient plus contourner la Terre de Feu.

Aujourd'hui, Valparaiso rassemble des partitions de vie assez singulières, et chaque coin de rue ressemble à une toile... comme la maison atypique (La Sebastiana) du poète Pablo Neruda perchée sur les hauteurs... lequel était un féru collectionneur de verre de couleurs car il pensait que l'eau possédait un meilleur goût.

ODA AL VINO de Pablo NERUDA

Vino color del dia
Vino color del noche
vino con pies de pûrpura
vino
estrella hijo
de la tierra
vino, liso
como una espada de oro
suave
como un desordenado terciopelo
vino escaracollado
y suspendido
amoroso
marino
nunca hace cabiso en una copa,
en un canto, en un hombre
coral, gregarios eres,
y cuando menos, mutuo.

Vin couleur du jour
Vin couleur de la nuit
vin avec des pieds de pourpre
vin
étoile fils
de la terre
vin, lisse
comme une épée d'or
doux
comme des velours désordonnés
vin escaracollado
et suspendu
affectueux
marin
il ne fait jamais cabiso dans un gobelet,
dans une chanson, dans un homme
corail, grégaires tu es,
et quand moins, mutuel.
 
Whaou !
 
De beaux restes !

Dans un bistrot glauque, la jeunesse dorée de Santiago se mêle à des débris de cap-horniers laminés par les intempéries, des péripatéticiennes hors d’usage, des danseurs usés de s’être trop déhanchés aux sonorités du tango et des musiciens décrépis de l’avoir trop joué. VALPARAISO se savoure, se déguste !

L´étrangeté, c´est peut-être ce qui caractérise le plus Valparaiso à nos yeux. Est-ce ce charme désuet, où la ville moderne parcourue par des trolleybus antiques côtoie les vieilles maisons colorées qui éclairent les collines d´un arc-en-ciel. "L´étrangeté le condiment nécessaire de toute beauté" disait Charles Baudelaire.

 
 
 
Exposition murale à ciel ouvert, créé en 1992

Une autre exposition sur la Place SOTOMAYOR nous régale les yeux. Découvrez avec nous quelques photos :

     
     
     

Pablo N, por favor !

Au secours, je suis poursuivie par une horde d'hommes nus !
Arfff, c'est le rançon de la gloire.


Filons au nord.


Pfff.. on manque d'inspiration, tout à coup.. A dire vrai (ou à vrai dire), la route jusqu'à CALAMA ou les portes du désert d'ATACAMA s'annonce longue (1574 kms) et nous allons quitter l'autoroute jalonnée de piétons, chevaux et autres OTNI (Objets Terrestres Non Identifiés). Évidement, on ne fait que traverser VINA DEL MAR, grosse station balnéaire renommée. Nos escales futures seront ZAPALLAR, douce station bourgeoise et pas populaire pour un peso, LA VALLE DEL RIO ELQUI, LAS CONCHAS, LA SENERA, CHANARAL, ANTOFAGASTA et CALAMA. On y fait toutes fois des rencontres douces, vertes, brunes, colorées et piquantes et les paysages sont éternellement variés : que du bonheur !



Une maison bourgeoise à ZAPALLAR
.. et queues et têtes de lamas. Ben oui, on n'est pas au zoo, mais en Amérique du Sud.. en live !

A HORCON, près de LAS CONCHAS, authentique village de pêcheurs accompagné de son folklore local et dominical.



Clin d'oeil à ma copine Cath' qui mène sa barque..
 
 

Si le CHILI vous épate, nous, il nous esbroufe à chaque pas que nous faisons. Pour penser au désert chilien, il faut d'abord
essayer d'imaginer la beauté de la mort : la beauté des éléments figés dans l'aridité dû au manque d'eau total. Sur des
millions d'hectares, ce ne sont que plaines de sable ocre ou rougeâtre, monts désolés dignes des fantasmes tolkienniens , vallées arides. Seuls les mots : "extraordinaire, envoûtant, merveilleux" évoquent cette partie de la planète, ou le résultat de la genèse violente de l'altiplano. Le silence est partout, le vent mort n'apporte nul espoir, la terre ne vibre pas, ne respire pas, ne réagit plus. On a quitté la terre, on cherche le vaisseau spatial qui nous a amené là, on cherche un brin d'herbe, une goutte d'eau, un repère quelconque. Une seule certitude humaine : l'impitoyable tyrannie du soleil. Mais où les Dieux ont-ils caché l'oasis, SAN PEDRO D'ATACAMA ?

La Portada de ''La St Valentin'', à Antofagasta : superbe arche ouverte sur le Pacifique

Ben oui, on est le 14 février.

Oublié ?

     
Bivouac à Chanaral

Bon ! Il ouvre à quel heure le restaurant du port ? J'attends !

Oups.. attrapé au vol ; facile pour une beau pélican que je suis !
Heureusement que vous ne m'avez pas fait ''pélicanter'' à la porte..
D'une hauteur astronomique de 13 m de hauteur, LA PORTADA indique la latitude ainsi que les équinoxes et solstices des saisons. C'est à cet endroit que se passe le tropique du Capricorne.

A CALAMA, la mine de CHUQUICAMATA que l'on peut visiter, détient le plus grand gisement au monde à ciel de cuivre et représente une rentrée en devises des plus significative pour le pays.

Encore quelques centaine de milliers de mètres avant d'atteindre un autre monde : ''SPA'' ou SAN PEDRO D'ATACAMA et ses richesses, sa région et son désert le plus aride de la planète terre.



Bivouac d'une nuit dans une verte vallée
Derrière nous, plus de 10 000 kms de route chilienne
Et devant nous, le parfait cône du volcan LICANCABUR (5916 m)..
Et les craquèlements de la terre

LA VALLE DE LA LUNA aux formes lunaires, située dans la Cordillera de la Sal et déclarée Sanctuaire Naturel, cache un cratère où se niche une magnifique dune (à escalader au coucher du soleil). Ce site est géré par une association d'indigènes composée de diverses communautés de Coyo, Larache, Quitor, Sequitor et San Pedro d'Atacama.


Belles et capricieuses sculptures, comme les Trois Marias
Morceaux de sel gemme, précieux cristal de sel transparent qui est produit par l'action de hautes pressions dans des atmosphères sans humidité
 
Un autre précieux cristal.. qui a besoin d'humilité !

Le village, composé de 2000 habitants (hors les colonies de fourmies-touristes) se situe à 2438m. Les premiers hommes seraient apparus, il y a 20 000 ans, dixit un guide. Vers 900, les peuplades locales s'affrontent et du coup, construisent des forteresses. Et pourtant, faut-il que la folie, l’hystérie des blancs soit immense pour que des hommes, poussés par l’attrait de l’or et de l’argent, aient osé se lancer dans cet enfer de pierres, de sable, de terre, pour venir dépouiller ces tribus reculées ? Dans les années 1500, les Acatacameños subirent l'invasion espagnole et se voient obligés d'abandonner leur langue, leur religion.. presque leur âme à la nouvelle religion qui leurs est imposée. Aujourd'hui, ces vrais indiens au regard fier, combattent encore de nos jours pour garder racines et terre d'où affleure un fort chamanisme. L'inconscience de ces hommes leur donne raison : l’un des vestiges encore palpable de la vieille civilisation indienne nous est offert.

San Pedro de Atacama est une oasis certes touristique, mais calme, si calme. Le village qui étend ses maisons de pisé et de pierres blanches à 2500 mètres d'altitude, est cerné à l'est par un chapelet de volcans enneigés qui culminent à plus de 5000 mètres, à l'ouest par la cordillère de sel.


Une terrasse ombragée pour y savourer un doux pisco

San Pedro : son adorable église construite 1745
     
 
Tissage et lainage en laine de lama dans la feria artisanale
Un événement du jour, photographié au galop

A San Pedro, la vie est douce, le jour comme la nuit où l'extraordinaire force luminescence des étoiles vous émerveillera. Si vous ne souhaitez pas subir l'inconfort de la mauvaise position de votre tête, la meilleure est encore celle-ci..

Les hôtels de riches ont maximum 5 étoiles

"Chat alors, ché bo''
Celui des pauvres en a infiniment plus

Oh majestueux LICANCABUR, laisse nous te décliner sous les couleurs de l'eau et du feu ou du ciel et de la terre


Mille petites merveilles à découvrir dans le désert le plus aride de monde des humains : le village de TOCONAO et la quebrada verdoyante de Jeria où jailli une rivière d'eau douce coulant de la cordillère. Un vrai marché sur pieds et ingénieusement arrosé par un réseau de canaux et d'écluses : prunes, figues, poires, raisins. Quel régal pour les yeux et pour nos papilles gustatives !



Et pour se faire pardonner de l'abus de ces gourmandises, un peu de recueillement à TOCONAO où son église SAN LUCAS vous tend ses bras..


Mais non, pas lui !!!

A TOCONAO, les habitants de cette oasis élèvent des lamas et travaillent leur laine pour fabriquer des lainages de belle qualité. Nos amis sur pattes sont là, à brouter dans leurs pâturages.

LE SALAR : Bof, on y est allé, panneau indicateur à l'appui, mais il y en a un que ça laisse très perplexe.. Il ne va tout de même pas nous en pondre un 9-9 ou un œuf neuf :-)

Des croûtes de sel totalement biscornues et râpeuses forment cette immense étendue de sel. Des espaces statufiés dans le sel d'antiques mers asséchées, exhibent leur stérilité totale du fond de leur cuvette comme un défit à la vie. Une terre âcre, blanche et grise longe les hauts plateaux comme un fossé satanique que rien ne viendra remplir car tout est figé, sec, rétracté. Un cauchemar minéral où quelques lagunes bleues cristallins surgissent .

 
     
 
Je préfère la couleur du sel de Guérande !
 

Dans la LAGUNA CHAXA dont l'entrée est à 2000 pesos tout de même, on nous promet des flamants roses : on a pu les compter tellement leur rareté était grande.

LES GEYSERS DU TATIO et ses hautes fumerolles : attention, ils se situent à 4526 m d'altitude et le mal qui porte le même nom pourrait vous faire regretter d'aller les découvrir. Tous les guides annoncent : ATTENTION, L'ENDROIT EST DANGEREUX. Comment et pourquoi ? Personnellement, sans vouloir braver le danger, nous y sommes rendus en solo, sans guide et sans agence de tourisme. Avant la montée, nous nous sommes renseignés près de l'office du tourisme et de la police locale : ''Peligroso, mais roulez doucement''. Bien chef ! Tranquillement, notre Skargo s'est dirigé vers le site. Durée moyenne de piste de 3 heures. Au abords de la cuesta del Diablo, la piste sinueuse est très dangereuse. Roulez très prudemment. Partis dans l'après-midi, nous étions aux geysers juste avant le coucher du soleil. La piste est très bien fléchée : impossible de s'égarer. Pour les anxieux du voyage, le WP des Geysers est le S 22° 20' 30'' / W 068°'00' 72''.

A 4526 m d'altitude : le spectacle s'impose. Séance : admiration !
La montagne parle et raconte les longues fureurs qui l'ont formée à qui sait son langage. L'eau jaillit bouillante, propulsée en furieux jets de vapeur dans l'atmosphère, elle se sublime pour redevenir eau et retombe. Leurs volutes vaporeuses remplissent l'air sec et froid dans les crachotements incessants des centaines de bouches calcaires torturées surgissant du sol volcanique. Là, sur le sol gelé, elle devient glace, puis refond lentement dans la journée pour recommencer ce cycle incroyable. Tout cela sous l'œil de l'immense volcan qui écrase de ses 6000 mètres tout le haut plateau où les fourmis humaines se présentent pour l'admirer.

 
 
 
 
 
     
     
 
 
     
 
 

Au réveil, moral à -zéro pour la troupe. Notre Skargo, comme nous, avons beaucoup souffert du manque d'oxygène durant la nuit. Nos gestes furent lents et nos coeurs souffrirent.. tout comme notre chauffage au kerdane. Par manque d'oxygène, notre Skargo tousse, fume, crache et ne veut pas démarrer. On a eu froid, et à voir le capot , les températures sont allègrement descendues sous le point zéro. Même problème au matin lorsque nous avions hâte de redescendre à une altitude ''humaine'' : la batterie moteur n'a pas suffi à démarrer le moteur, il nous a fallu tirer sur les batteries de services. Capricieux, le S10 Chevrolet à 4500 m.

ÉPILOGUE CHILIENNE


OH FABULEUX CHILI : tu n'a eu cesse de nous époustoufler par la multitude des tes extraordinaires, mythiques et féeriques paysages depuis la Patagonie (Punta Arenas) jusqu'à ce point, le Paseo de Jana qui nous sépare de Toi pour nous ouvrir les portes de l'Argentine du nord. 10 000 kms en un mois avec Toi fut un régal sans pareil car jamais, tu ne nous a déçu. Merci de la largesse de ce cadeau ancré dans nos cœurs !



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